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L’accord avec l’Iran est bon pour l’économie mondiale (sauf peut-être pour la Chine et la Russie) [Slate.fr]

Bachir El Khoury | Slate.fr | 25 novembre 2013

 

Outre les 7 milliards de dollars à «récupérer» sur les six prochains mois, la levée de certaines sanctions devrait permettre à Téhéran de souffler après deux ans de récession.

L’accord conclu dans la nuit de samedi à dimanche à Genève entre les six puissances de l’ONU et l’Iran n’a pas qu’une dimension diplomatique et politico-sécuritaire. Il a également une importance économique aussi bien pour Téhéran que pour les autres pays directement ou indirectement concernés par le régime des sanctions.

Les Occidentaux se sont engagés à ne pas mettre en place de nouvelles sanctions dans les six mois, et à lever «provisoirement et de manière réversible» certaines de celles qui sont en vigueur. Celles-ci concernent notamment le commerce des métaux précieux et l’industrie automobile et pétrochimique, qui constituent une part non négligeable de l’économie iranienne. A elle seule, l’industrie automobile représente environ 10% du PIB iranien, se plaçant en 3e position derrière la production pétrolière et gazière.

Selon l’administration américaine, l’allègement concernant le commerce dans ces trois industries devrait permettre à l’Iran de récupérer un manque à gagner d’environ 1,5 milliard de dollars.

L’accord prévoit en outre l’accès de Téhéran à des avoirs en devises dérivés essentiellement du commerce pétrolier et gelés dans des comptes bancaires à l’étranger, dont la valeur est estimée à 4,2 milliards de dollars. Parmi les autres mesures figure également le déblocage de plus d’un demi-milliard de dollars destinés aux étudiants iraniens à l’étranger.

En somme, le programme d’allègement des sanctions porte sur une enveloppe de 7 milliards de dollars sur les six mois de l’accord intérimaire. En revanche, les principales sanctions sur le pétrole et le secteur bancaire, qui pèsent plus lourd sur l’économie iranienne, demeurent en place en attendant un accord final.

Les sanctions contre l’Iran sont jusqu’à aujourd’hui de trois sortes:

  • 1. celles de l’ONU ont commencé en 2006, avec notamment le gel d’actifs financiers de certaines personnes et entités impliquées dans le programme nucléaire iranien. Dans les années suivantes, la liste des personnes et entités a augmenté et un embargo sur les armes a été imposé. En outre, les institutions financières ont été pratiquement interdites de prêter de l’argent à l’Iran.
  • 2. celles imposées par les Etats-Unis remontent à la crise des otages de 1979 qui a précédé la rupture des liens diplomatiques entre les deux pays. Au lendemain de cette crise, les Américains avaient gelé 12 milliards de dollars d’avoirs iraniens, mais la plupart des actifs ont été débloqués au début des années 1980, selon le New York Times. En 1987, les Etats-Unis ont interdit l’importation de biens et de services iraniens. Parmi les autres sanctions ajoutées plus tard, figure, outre le gel d’actifsfinanciers, l’interdiction de tout investissement ou activité américaine commerciale ou bancaire avec Téhéran. Des sanctions votées durant l’hiver 2011 ont même interdit à tout pays d’entretenir des relations avec la banque centrale d’Iran.
  • 3. celles de l’Union européenne imposées dans la foulée des négociations qui avaient démarré il y a dix ans ont sévi à partir de 2012 avec un embargo sur lesexportations pétrolières et l’expulsion des banques iraniennes d’un système bancaire électronique mondial.

Des sanctions qui avaient plombé l’économie locale…

L’ensemble de ces sanctions a plombé l’économie locale, d’autant plus qu’elles sont intervenues dans un contexte de crise mondiale. Le pays est plongé dans une forte récession depuis maintenant deux ans, ce qui aurait favorisé, selon certains observateurs, la conclusion de l’accord avec le groupe 5 +1.

La croissance, qui évoluait au-delà des 8% en 2002 et 2003 a sombré à -1,8% en 2012, et -1,4% en 2013, au terme d’une décennie de restrictions économiques qui a coïncidé avec un recul de la demande mondiale et d’une oscillation des prix pétroliers, au lendemain de la crise de 2008.

L’embargo imposé par l’Europe constitue en ce sens une étape charnière. L’Union européenne était à l’origine de 20% des achats de pétrole iranien, avant la décision prise en juillet 2012. Cela s’est répercuté négativement sur les recettes pétrolières et l’activité commerciale iranienne basée à hauteur de 80% sur les exportations pétrolières. Les sanctions ont également eu un impact négatif sur l’exportation et la production automobile, qui a baissé de moitié entre 2011 et 2013, passant de 1,6 million à 800.000 véhicules.

Les résultats ne se sont pas fait attendre: l’année dernière, les exportations du pays ont chuté de 28% et les importations de 20%.

Sur le plan monétaire, le rial a perdu plus de 60% de sa valeur en 2012, plongeant à près de 40.000 rials contre un dollar avant de s’établir à près de 30.000 rials à la suite de l’élection en juin dernier de Hassan Rohani. Cette dépréciation de la monnaie locale avait provoqué une inflation soutenue avec des prix alimentaires en hausse de plus de 50%, affaiblissant davantage les couches sociales moyennes et les plus fragiles.

… mais dont certains ont su profiter

En revanche, les entreprises étatiques et semi-étatiques ont pu profiter de cette situation en monopolisant des importations de différentes marchandises par les «canaux noirs», selon le politologue irano-allemand Ali Fathollah-Nejad.

Parmi les autres «profiteurs» se trouvent aussi les pays ayant des intérêts stratégiques à maintenir le régime des sanctions énergétiques contre l’Iran, même s’ils prétendre publiquement –parfois même farouchement– y être opposés. Grâce à l’isolement géopolitique de l’Iran, la Russie a en effet sauvegardé son quasi-monopole sur les livraisons d’énergie vers l’Europe. En outre, la Chine a bénéficié de prix extrêmement avantageux sur ses importations de pétrole iranien grâce aux sanctions imposées par les Etats-Unis et l’Europe.

Quant au Qatar, qui partage avec l’Iran un des plus grands champs gaziers du monde, le South Pars, dans le golfe persique, il a accéléré le rythme d’exploitation de ce champ commun.

Si, en elles-mêmes, les mesures d’allègement des sanctions ne sont pas de nature à compenser les dizaines de milliards de dollars perdus par l’Iran ces deux dernières années, celles-ci pourraient ouvrir la voie vers une nouvelle ère. En réduisant la probabilité d’une action militaire contre l’Iran et en augmentant la perspective d’un nouvel allègement des sanctions à l’avenir, l’accord de Genève pourrait mettre fin à la fuite des capitaux hors du pays et entraîner une reprise partielle des investissements.

 

SOURCE

Bachir El Khoury (2013) “L’accord avec l’Iran est bon pour l’économie mondiale (sauf peut-être pour la Chine et la Russie)“, Slate.fr, 25 novembre.

Nuclear Power: Iran Inaugurates Bushehr Plant (TV interview with Russia Today)

12 September 2011

Iran has celebrated the launch of the Bushehr nuclear power plant on Monday. The facility, which was completed with Russia’s help, came on line last year and has been connected to the national power grid in early September.

The facility, which was completed with Russia’s help, came on line last year.

The ceremony is attended by Russian Energy Minister Sergey Shmatko, head of the Rosatom nuclear agency Sergey Kirienko, Iranian Foreign Minister Ali Akbar Salehi, and head of Iran’s Atomic Energy Organization Fereydoon Abbasi-Davani.

Sergey Shmatko praised the efforts in working together, and promised more similar projects in the future.

Together with our Iranian counterparts, we went through difficulties and problems building the Bushehr power plant. And today we can be proud of the results that are drawing the attention of the whole world. I’m sure our further co-operation in operating the station and developing other nuclear energy projects will be distinguished by the atmosphere we created while working together,” he said.

Iran expects that the Bushehr power plant will reach its planned capacity in two to three months, Salehi said on Sunday.

The construction of the power plant in Bushehr is viewed with suspicion by many nations, who believe that the entire Iranian nuclear program is aimed at creating a nuclear weapon.

To alleviate these fears, Russia is providing fuel rods for the plant and will return the spent fuel back for recycling.

“The Bushehr power plant project is exemplary in terms of observing non-proliferation regime. Over the whole its lifetime it will be supplied fuel by Russia on the condition of its return,” Russia’s Foreign Ministry stressed on Monday.

Tehran says its atomic ambitions are peaceful and have no military agenda.

­Ali Fathollah-Nejad, researcher at the School of Oriental and African Studies at the University of London believes the opening of the plant bears special significance because it was brought into operation against the background of political interference from many outside powers.

“We have now a decades-long stand-off between Iran and the West over the Iranian nuclear program,” he told RT.  “The nuclear issue was recently hyped for political reasons, in order to be able to gain support to put pressure on Iran for achieving other political ends. So, I think the nuclear issue is still being hyped, but it loses much credibility against the evidence that we have.”

Fathollah-Nejad also stressed that the sanctions imposed on Iran over its nuclear program are more of a geo-political and geo-economic nature.

“If you cannot control or influence a country, you might go for isolation and weakening of the country. And the best way to do that is through economic sanctions. This is rational of sanctions,” he stated.

 

SOURCE

Nuclear Power: Iran Inaugurates Bushehr Plant“, Russia Today (RT), 12 September 2011.

Going Nuclear (Interview with The Majalla)


22 September 2011

By Maryam Ishani (Senior Editor of The Majalla)

The completion of the Bushehr nuclear plant has stirred up further controversy over Iran’s nuclear ambitions. Iran continues to emphasize its entitlement to explore atomic energy as an alternative to fossil fuels, but the US remains skeptical while Russia attempts to seize the advantage.

Last week Iran celebrated the inauguration of its first operational nuclear power facility after long delays in construction and controversy over the aims of Iran’s nuclear program. The Bushehr plant, located on the Persian Gulf, is the first of what Iran hopes will be a network of similar facilities that will help reduce the nation’s reliance on fossil fuels.

The ceremony was attended by Russia’s Energy Minister, Sergei Shmatko, who praised the joint project as an understanding that “has come about after three years of cooperation between our experts” which will allow the Russia and Iran to “prepare the grounds for future cooperation in this field.” But the collaboration has been a far more complicated than the two governments have admitted to.

In a deal between Iran and Russia, Russia took over the completion of the plant after the German venture Kraftwerk Union AG pulled out under pressure from the US. However the agreement initially would have seen the plant completed in 2007 not 2011. According to Iran geopolitical expert, Ali Fathollah-Nejad, at the School of Oriental and African Studies in London, the delays continued because of the introduction of Russia’s own objectives in the project. “There is a lot of frustration in Iran because of Russia beginning to play its own games as a sort of intermediary between the West and Iran.”

Most notably, the arrangement Iran has agreed to with Russia includes provisions for returning fuel that Iran has purchased for the operation of the plant back to Russia after processing. It cannot remain in Iran, despite the fact that Iran technically owns the fuel—making the program particularly costly and according to Fathollah-Nejad, makes Russia’s role as a broker between the West and Iran, a hypocritical one.

This is due in large part to the ongoing UN Security Council “Zero Enrichment” sanctions—renewed in June—that remain imposed upon Iran, which are aimed at barring Iran from enriching uranium regardless of the aim. Russia voted in favor of the resolution but later used the same resolution to bar Iran from joining the Shanghai Cooperation Organisation in 2009, saying that Iran’s eventual membership could be “one of the carrots that is part of a larger deal” to resolve the nuclear crisis with Iran.

“Even though the facts have changed on the ground,” says Fathollah-Nejad, “the sanctions continue because of claims that the program is not transparent enough. The removal of the sanctions needs a whole re-thinking of the dialogue on Iran’s nuclear program. There is a new reality on the ground.”

Bushehr’s start-up comes after Iran declared its readiness to re-start talks on its nuclear project with major powers, in a letter to the European Union Foreign Affairs chief. But that dialogue seems out of reach. The inauguration of the plant only adds to what was already a very tense standoff between the United States and Iran over the intentions and capabilities of Iran’s program.

At the United Nations General Assembly on Monday, the two countries traded accusations at a meeting of the UN’s International Atomic Energy Agency (IAEA) with US Energy Secretary Steven Chu accusing Iran of “a long-standing pattern of denial, deceit, and evasion, in violation of its non-proliferation obligations. Time and time again, Iran has refused to satisfy legitimate concerns about the nature of its nuclear programme—selectively rejecting IAEA requests for access to, and information about, its nuclear facilities.”

Iranian nuclear energy chief Fereydoun Abbasi-Davani rebuffed Chu’s comments with a reference to the recent murders of high-level nuclear scientists in Iran, placing the blame squarely on the West: “Some countries and their intelligence terrorist organisations have focused on assassinating our experts,” he said. His comments refer to the most recent murder of a University lecturer in July, Darioush Rezaie. His was the third murder since 2009 of a scientist with connections to Iran’s nuclear program. The first was killed by a car bomb, the second by a remotely detonated explosive device and Rezaie was killed by gunmen near his home.

Speaking to press after the meeting, Fereydoun Abbasi-Davani, who is Iran’s Vice President and head of Iran’s Atomic Energy Agency, said that the “hostile positions” of western states could only force countries like Iran to conduct their nuclear activities secretly or “underground,” according to translations of his comments at the UN. Abbasi-Davani has been subjected to UN sanctions because of his involvement with Iran’s nuclear program and was even wounded in a car bomb blast in 2010, an incident he has accused the West and even the IAEA of orchestrating.

Fathollah-Nejad sees the challenges of the last decade as an example to developing economies, “The fact that Bushehr has been finalized indicates to the success of Iran’s insistence to use its internationally legally recognized rights to develop a nuclear energy programme, despite heavy and continuous pressures from big powers. As such Iran can be seen as an example. Hopefully it will propel the West to abandon coercive diplomacy on Iran.”

Iran says the one billion US dollar, 1,000-megawatt Bushehr plant is part of a peaceful atomic program and will be enriching uranium only at levels suitable for medical and agricultural uses. The plant is not yet operating fully but is on track to be operating at maximum capacity within three months.

Still, Iran has begun moving uranium enrichment centrifuges to a bunker buried in the mountains near Qom as part of an effort to increase capacity and protect the equipment from a strike by foes of the nation’s nuclear program, namely Israel. Washington has denied involvement in the murder of the scientists and Israel has said that it is “increasingly concerned” with the Bushehr plant.

Fathollah-Nejad points out, “For almost a decade, the IAEA has been investigating if there is a weaponization element to Iran’s nuclear program, but has found no evidence,” making the official justification for sanctions illegitimate. “The dropping of sanctions,” according to Fathollah-Nejad, “would be the first indication that the policy on Iran is changing.”

 

SOURCE

Ishani, Maryam (2011) “Going Nuclear: Iran Completes Construction of Bushehr Nuclear Power Facility“, The Majalla: The Leading Arab Magazine (online), 22 September.